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Symposium sur l’IA générative dans l’enseignement supérieur : "Il faut apprendre à apprendre avec l’IA"
Publié le 30 juin 2026
–
Mis à jour le 9 juillet 2026
Date(s)
le 29 juin 2026
Les 29 et 30 juin 2026, l’Université de technologie de Troyes a organisé et accueilli le Symposium "Révolution de l’intelligence artificielle générative au cœur des universités : nouvelles pratiques, nouvelles compétences, nouveaux défis !", en partenariat avec le Groupe UT, l’alliance européenne EUT+ et ses partenaires académiques et industriels.
Pr Christophe Collet, Président de l’UTT, a eu le grand plaisir d’accueillir les participants et d’ouvrir le Symposium sur la thématique de l’IA. L’intelligence artificielle transforme en profondeur nos sociétés, l’enseignement supérieur se trouve au cœur de cette mutation. Les IA génératives bouleversent les pratiques pédagogiques, interrogent les méthodes d’évaluation et reconfigurent le rapport au savoir.
"Un tournant technologique majeur est observé : il interroge nos pratiques et les compétences que nos ingénieurs devront avoir, et nous amène à répondre à des défis nombreux.
L’enjeu, pour nos étudiants du 2e au 3e cycle, est d’utiliser « proprement » l’intelligence artificielle (IA). L’accès aux connaissances, l’acquisition de compétences, l’utilisation utile, réfléchie, éclairée de l’IA, recouvre une réalité complexe qui interroge l’éthique, la soutenabilité (énergie, eau…), etc. Il faut désormais apprendre à apprendre avec l’IA.
Pour les doctorants, le défi se prolonge et s’affine pour un travail de recherche. Les opportunités sont gigantesques mais comportent des risques considérables. Il s’agit d’apprendre à se servir de l’IA en garantissant la qualité, l’éthique, la validation de ce qui sort de l’IA.
Il faut soutenir activement les enseignants-chercheurs, en première ligne car ils valident l’évaluation, pour qu’ils puissent intégrer sereinement l’IA dans la pédagogie. Il faut s’assurer que les étudiants acquièrent le savoir-faire nécessaire, avec une capacité de recul et tout autant de curiosité. D’aucuns pensent encore qu’il faut cacher l’utilisation de l’IA. Or, ce n’est pas une maladie honteuse !
Enfin, l’enjeu pour les personnels administratifs tient à la simplification des processus, à l’automatisation de tâches chronophages, avec un devoir de formation pour supporter les services administratifs."
Durant les deux jours de Symposium, des échanges fructueux et des débats passionnants ont donné des pistes de réflexion sur les usages de l’IA Générative et les Transformations pédagogiques. Il appartient désormais de traduire ces idées en actes au sein de nos établissements. Pr Christophe Collet a remercié l’ensemble des participants pour leur collaboration à cette révolution technologique, éthique et humaine.
Merci également aux organisateurs, soutiens et partenaires du Symposium, dont le Conseil départemental de l’Aube, Ardian, Enedis, OnePoint, la Fondation UTT, la COOP et l’ISIFT.
Les progrès de l’IA sont fulgurants. Tout a commencé en 2012 : un problème de reconnaissance d’un objet dans une image a été résolu (apprendre à voir). On est dans l’apprentissage supervisé. En 2016, la barrière pour gagner au jeu de Go, jeu de stratégie, est cassée (apprendre à décider séquentiellement). En 2018, l’IA prédit le mot manquant d’un bout de texte avec des Transformers (apprendre à écrire). On arrive dans l’apprentissage auto supervisé. En 2020, on a plus de données, davantage de meilleurs résultats et on entre dans l’ère des lois d’échelles (apprendre à passer l’échelle). Le 30 novembre 2022 est marqué par l’arrivée de ChatGPT, capable de prédire le mot suivant, conforme, et de construire des phrases. L’apprentissage auto supervisé est désormais pré-entrainé, avec un renforcement : des discussions amènent l’IA à adopter un meilleur comportement. On sait discuter avec l’IA en lui donnant des informations et on peut lui poser des questions en donnant des éléments choisis ou recherchés dans des bases. En 2024, l’IA commence à réfléchir, pour améliorer la réponse à la question posée, avec des démonstrations. En 2025, l’IA agit : pour construire un raisonnement, elle a besoin d’aller sur le web, d’exécuter un programme, de générer du code (outils agentiques). L’IA est un orchestrateur. Début 2026, la popularisation d’OpenClaw permet de lancer des agents pour résoudre des tâches complexes et personnalisées. Aujourd’hui, on assiste à une opposition entre la vague IA et la bulle IA (survente, surmédiatisation).
4 modes de distributions de l’IA cohabitent : l’IA en ligne grand public (ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat…), l’IA personnelle locale (Olloma, LM Studio…), l’IA professionnelle auto-hébergée (Data centers privés, cloud privé), et l’IA en cloud professionnel managé (Azure OpenAI, AWS Bedrock, Vertex AI, Mistral AI Studio…).
L’IA a ses limites : Hallucinations, fiabilité, biais, alignement… (l'IA peut générer du contenu crédible, mais potentiellement trompeur) ; son vrai coût ; le coût environnemental (énergétique, eau…) ; la propriété intellectuelle ; la dépendance ; la déqualification (des copier-coller de choses de mauvaise qualité tuent l’intérêt et réduisent l’originalité). Il est ainsi recommandé de s’interroger sur l’intérêt de l’usage de l’IA.
Aussi, l’IA générative impacte déjà la pratique scientifique dans 4 domaines : Médicament, Météo et climat, Matériaux et Mathématiques.
D’après le rapport "IA et Enseignement Supérieur : Formation, Structuration et Appropriation par la Société" remis à Elisabeth Borne en juillet 2025 (https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/education-et-intelligence-artificielle-remise-de-deux-rapports-aux-ministres-elisabeth-borne-et-99578), les étudiants utilisent plus et mieux l’intelligence artificielle que leurs enseignants. Rédiger un mémoire, générer un rapport est possible. Pour les enseignants, il devient nécessaire d’agir et interagir avec le système, d’apprendre à travailler avec l’IA.
Stéphane Canu a ensuite évoqué les défis de l’IA, appuyant son propos par de nombreux exemples, notamment la nouvelle génération de lunettes connectées, ou bien encore les robots-taxis Waymo lancés à San Francisco, qui se déploient aux Etats-Unis, en Angleterre et au Japon.
Stéphane Canu a conclu son propos en a rappelant que 2026 est l’année de l’agentique pour l’IA et que des applications sont à co-construire. L’IA évolue et n’a pas fini d’évoluer : "Pour que tout fonctionne, il faut des données, notamment scientifiques", a-t-il enfin souligné.
"Toutes les technologies apportent des bouleversements. Cette technologie a une croissance exponentielle et va plus vite que nous. Les systèmes de l’IA bousculent les organisations. L’IA vient remplacer le fruit de notre esprit analytique. C’est hyper conformiste.
Nous avons en France et en Europe un momentum pour éviter ce que l’on a manqué dans la vie numérique. La France et l'Europe doivent rester dans cette course technologique.
Il faut arrêter de copier-coller ce que font les Américains. Il faut que l’Europe dégage les domaines sur lesquels on ne cédera pas. On peut développer une doctrine française et européenne.
L’IA semble être une arme fatale, la plus puissante, qui porte en elle tous les risques RNBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique). C’est une technologie qui peut tout mais qui doit faire quoi ? je pense que nous devrons veiller à ce que les modèles d'IA soient alignés avec nos valeurs et nos intentions, pour que nous fassions de ces nouvelles technologies des outils au service de notre liberté, et non les catalyseurs de nos servitudes.
Parce que le véritable avantage ne viendra pas de « plus d’IA », mais d’un meilleur alignement : entre innovation et supervision, entre code et comportement, entre vitesse et confiance.
Le rapport que sera présenté va essayer d’embrasser l’aspect polysémique de l’alignement pour les chercheurs, les acteurs publics, les entreprises, les industriels et la société civile.
On doit réviser la façon dont on enseigne, dont on évalue, dont on fait des politiques publiques. A l’Université, il faut impérativement créer des générations d’apprenants capables de se débrouiller sans l’IA. Dans notre éducation, on doit être capable de s’orienter sans GPS, de trouver de l’eau, etc. Les bébés qui vont naitre vont grandir dans un monde 90% différent de celui que nous avons connu. Elue de la République, je vais prôner une IA alignée. La jeune génération doit savoir faire la différence entre une machine et un humain. L’IA ne fait pas partie du vivant, du biotope. Il faut être capable d’évaluer les intentions, ne pas déléguer son consentement, et s’assurer d’un esprit critique.
Il nous faut consolider l’existant et avoir une approche frugale de l’IA. La juste IA, pour un bon usage, avec nos ressources environnementales et mentales. On est le continent de la créativité, des démocraties : ne nous perdons pas de vue. L’IA doit servir le bien public. Les systèmes d’IA doivent être au service du bien commun, de l’Humanité."
Mme le Sénateur a terminé son propos en remerciant l’assemblée pour tout ce qu’elle fait pour faire progresser la recherche, la science, au service de l’Humanité.
"Ça fait trois ans et demi que ChatGPT a été lancé et que la grande révolution s’est intégrée dans l’économie et la société. En France, beaucoup d’industriels sont venus à l’IA à travers la question des modèles de machine learning, dès les années 80. Je suis frappé de voir que le débat stratégique et technologique est nettement plus intense que le débat économique et pédagogique. Beaucoup clament que la destruction de certaines catégories d’emplois est en marche. Or, si on regarde les statistiques de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le taux d chômage reste stable. Aujourd’hui, on ne voit pas d’effet sur le marché du travail. Il n’y a pas d’impact visible de l’IA sur la macroéconomie.
Pour les étudiants, quelles sont les compétences à développer ? Les connaissances acquises vont-elles perdurer avec l’arrivée de l’IA ? Claude est plus brillant que n’importe quel étudiant, et ça concerne toutes les disciplines.
Aujourd’hui, les transformations sont intégrées de façon relativement lente dans les entreprises. Ça ne se traduit pas encore par des gains de productivité tangibles. L’ingénieur est un orchestrateur de modèle : c’est la version optimiste de l’arrivée de l’IA dans les entreprises. L’essentiel de l’activité d’adaptation à l’IA concerne l’adaptation d’applications qui se généralisent. L’IA est un élément d’accompagnement. Pour l’industrie, ces déploiements accompagnent la compétitivité de l’entreprise (gain de temps dans la résolution de problèmes d’ingénierie complexes).
La question de la souveraineté va se poser. La souveraineté doit être omniprésente. Le chantier capacité à allouer les capitaux à l’échelle a pris du retard. La question de l’éthique est un dilemme de l’IA. Il faut persévérer en apportant notre brique à une ambition nationale et européenne dans les modèles IA appliqués à la vie sociale et économique du pays."
L’enjeu, pour nos étudiants du 2e au 3e cycle, est d’utiliser « proprement » l’intelligence artificielle (IA). L’accès aux connaissances, l’acquisition de compétences, l’utilisation utile, réfléchie, éclairée de l’IA, recouvre une réalité complexe qui interroge l’éthique, la soutenabilité (énergie, eau…), etc. Il faut désormais apprendre à apprendre avec l’IA.
Pour les doctorants, le défi se prolonge et s’affine pour un travail de recherche. Les opportunités sont gigantesques mais comportent des risques considérables. Il s’agit d’apprendre à se servir de l’IA en garantissant la qualité, l’éthique, la validation de ce qui sort de l’IA.
Il faut soutenir activement les enseignants-chercheurs, en première ligne car ils valident l’évaluation, pour qu’ils puissent intégrer sereinement l’IA dans la pédagogie. Il faut s’assurer que les étudiants acquièrent le savoir-faire nécessaire, avec une capacité de recul et tout autant de curiosité. D’aucuns pensent encore qu’il faut cacher l’utilisation de l’IA. Or, ce n’est pas une maladie honteuse !
Enfin, l’enjeu pour les personnels administratifs tient à la simplification des processus, à l’automatisation de tâches chronophages, avec un devoir de formation pour supporter les services administratifs."
Durant les deux jours de Symposium, des échanges fructueux et des débats passionnants ont donné des pistes de réflexion sur les usages de l’IA Générative et les Transformations pédagogiques. Il appartient désormais de traduire ces idées en actes au sein de nos établissements. Pr Christophe Collet a remercié l’ensemble des participants pour leur collaboration à cette révolution technologique, éthique et humaine.
Merci également aux organisateurs, soutiens et partenaires du Symposium, dont le Conseil départemental de l’Aube, Ardian, Enedis, OnePoint, la Fondation UTT, la COOP et l’ISIFT.
"Usages de l’Intelligence Artificielle Générative : mythes et opportunités"
Le Symposium a débuté avec une présentation de Stéphane Canu, chargé de mission IA au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, et Professeur à l’INSA Rouen Normandie, sur la thématique "Usages de l’Intelligence Artificielle Générative : mythes et opportunités", d’hier, d’aujourd’hui, pour l’enseignement, et de demain.4 modes de distributions de l’IA cohabitent : l’IA en ligne grand public (ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat…), l’IA personnelle locale (Olloma, LM Studio…), l’IA professionnelle auto-hébergée (Data centers privés, cloud privé), et l’IA en cloud professionnel managé (Azure OpenAI, AWS Bedrock, Vertex AI, Mistral AI Studio…).
L’IA a ses limites : Hallucinations, fiabilité, biais, alignement… (l'IA peut générer du contenu crédible, mais potentiellement trompeur) ; son vrai coût ; le coût environnemental (énergétique, eau…) ; la propriété intellectuelle ; la dépendance ; la déqualification (des copier-coller de choses de mauvaise qualité tuent l’intérêt et réduisent l’originalité). Il est ainsi recommandé de s’interroger sur l’intérêt de l’usage de l’IA.
Aussi, l’IA générative impacte déjà la pratique scientifique dans 4 domaines : Médicament, Météo et climat, Matériaux et Mathématiques.
D’après le rapport "IA et Enseignement Supérieur : Formation, Structuration et Appropriation par la Société" remis à Elisabeth Borne en juillet 2025 (https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/education-et-intelligence-artificielle-remise-de-deux-rapports-aux-ministres-elisabeth-borne-et-99578), les étudiants utilisent plus et mieux l’intelligence artificielle que leurs enseignants. Rédiger un mémoire, générer un rapport est possible. Pour les enseignants, il devient nécessaire d’agir et interagir avec le système, d’apprendre à travailler avec l’IA.
Stéphane Canu a ensuite évoqué les défis de l’IA, appuyant son propos par de nombreux exemples, notamment la nouvelle génération de lunettes connectées, ou bien encore les robots-taxis Waymo lancés à San Francisco, qui se déploient aux Etats-Unis, en Angleterre et au Japon.
Stéphane Canu a conclu son propos en a rappelant que 2026 est l’année de l’agentique pour l’IA et que des applications sont à co-construire. L’IA évolue et n’a pas fini d’évoluer : "Pour que tout fonctionne, il faut des données, notamment scientifiques", a-t-il enfin souligné.
"L’alignement des systèmes d’IA avec nos valeurs et nos intentions."
Vanina Paoli-Gagin, Sénateur de l’Aube, est intervenue le 2e jour du Symposium. Chargée d'une mission parlementaire sur "l'alignement des systèmes d'intelligence artificielle (IA) avec nos standards de confiance, sécurité, durabilité et explicabilité" par le premier ministre, Sébastien Lecornu, Vanina Paoli-Gagina rendra ses conclusions à l’été. En automne 2025, Madame le Sénateur a organisé au Palais du Luxembourg, avec le soutien de la Fondation UTT un colloque sur ce même sujet, qui embrasse toutes les matières et impacte l’humanité. Il avait alors réuni une centaine de chercheurs, scientifiques, philosophes, sociologues, décideurs publics, industriels et financiers. A l’issue, Vanina Paoli-Gagin a déposé une proposition de résolution européenne (PPRE) pour porter l'impératif d'alignement des systèmes d'IA au niveau européen. En attendant la publication du rapport, Mme le Sénateur a livré quelques pistes de réflexion :"Toutes les technologies apportent des bouleversements. Cette technologie a une croissance exponentielle et va plus vite que nous. Les systèmes de l’IA bousculent les organisations. L’IA vient remplacer le fruit de notre esprit analytique. C’est hyper conformiste.
Nous avons en France et en Europe un momentum pour éviter ce que l’on a manqué dans la vie numérique. La France et l'Europe doivent rester dans cette course technologique.
Il faut arrêter de copier-coller ce que font les Américains. Il faut que l’Europe dégage les domaines sur lesquels on ne cédera pas. On peut développer une doctrine française et européenne.
L’IA semble être une arme fatale, la plus puissante, qui porte en elle tous les risques RNBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique). C’est une technologie qui peut tout mais qui doit faire quoi ? je pense que nous devrons veiller à ce que les modèles d'IA soient alignés avec nos valeurs et nos intentions, pour que nous fassions de ces nouvelles technologies des outils au service de notre liberté, et non les catalyseurs de nos servitudes.
Parce que le véritable avantage ne viendra pas de « plus d’IA », mais d’un meilleur alignement : entre innovation et supervision, entre code et comportement, entre vitesse et confiance.
Le rapport que sera présenté va essayer d’embrasser l’aspect polysémique de l’alignement pour les chercheurs, les acteurs publics, les entreprises, les industriels et la société civile.
On doit réviser la façon dont on enseigne, dont on évalue, dont on fait des politiques publiques. A l’Université, il faut impérativement créer des générations d’apprenants capables de se débrouiller sans l’IA. Dans notre éducation, on doit être capable de s’orienter sans GPS, de trouver de l’eau, etc. Les bébés qui vont naitre vont grandir dans un monde 90% différent de celui que nous avons connu. Elue de la République, je vais prôner une IA alignée. La jeune génération doit savoir faire la différence entre une machine et un humain. L’IA ne fait pas partie du vivant, du biotope. Il faut être capable d’évaluer les intentions, ne pas déléguer son consentement, et s’assurer d’un esprit critique.
Il nous faut consolider l’existant et avoir une approche frugale de l’IA. La juste IA, pour un bon usage, avec nos ressources environnementales et mentales. On est le continent de la créativité, des démocraties : ne nous perdons pas de vue. L’IA doit servir le bien public. Les systèmes d’IA doivent être au service du bien commun, de l’Humanité."
Mme le Sénateur a terminé son propos en remerciant l’assemblée pour tout ce qu’elle fait pour faire progresser la recherche, la science, au service de l’Humanité.
Une vision industrielle et géopolitique de l’IA
Alexis Morel, Partner chez Latour Capital, membre du Conseil d’administration de l’UTT, s’est exprimé avec un regard de praticien, qui observe le débat public. Il a ainsi donné une vision industrielle et géopolitique de l’IA."Ça fait trois ans et demi que ChatGPT a été lancé et que la grande révolution s’est intégrée dans l’économie et la société. En France, beaucoup d’industriels sont venus à l’IA à travers la question des modèles de machine learning, dès les années 80. Je suis frappé de voir que le débat stratégique et technologique est nettement plus intense que le débat économique et pédagogique. Beaucoup clament que la destruction de certaines catégories d’emplois est en marche. Or, si on regarde les statistiques de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le taux d chômage reste stable. Aujourd’hui, on ne voit pas d’effet sur le marché du travail. Il n’y a pas d’impact visible de l’IA sur la macroéconomie.
Pour les étudiants, quelles sont les compétences à développer ? Les connaissances acquises vont-elles perdurer avec l’arrivée de l’IA ? Claude est plus brillant que n’importe quel étudiant, et ça concerne toutes les disciplines.
Aujourd’hui, les transformations sont intégrées de façon relativement lente dans les entreprises. Ça ne se traduit pas encore par des gains de productivité tangibles. L’ingénieur est un orchestrateur de modèle : c’est la version optimiste de l’arrivée de l’IA dans les entreprises. L’essentiel de l’activité d’adaptation à l’IA concerne l’adaptation d’applications qui se généralisent. L’IA est un élément d’accompagnement. Pour l’industrie, ces déploiements accompagnent la compétitivité de l’entreprise (gain de temps dans la résolution de problèmes d’ingénierie complexes).
La question de la souveraineté va se poser. La souveraineté doit être omniprésente. Le chantier capacité à allouer les capitaux à l’échelle a pris du retard. La question de l’éthique est un dilemme de l’IA. Il faut persévérer en apportant notre brique à une ambition nationale et européenne dans les modèles IA appliqués à la vie sociale et économique du pays."
mise à jour le 09 juillet 2026